Description
L’existentielle étude de personnage est souvent ce qui insuffle la vie à un drame criminel. On s’amuse dans la zone grise entre Bien et Mal, au détriment d’une vieille certitude du spectateur, à savoir: le flic est bon, le brigand est mauvais… Uro raconte l’histoire de Hans Petter, délinquant réhabilité s’étant lui-même sorti de la déchéance et qui gagne maintenant un salaire honnête en tant que policier. Tout le monde l’appelle HP. C’est moins long. Son laisser-aller, ses tatouages de jadis, et son franc-parler ont fait de lui la taupe parfaite. Il s’est infiltré, donc, dans le milieu du crime d’Oslo… Il a beaucoup de potentiel, quoique ses supérieurs aient certaines craintes à son sujet. Pour réussir une arrestation, HP a tendance à transgresser le règlement.
Mette est une mauvaise fille propriétaire d’un club appelé le Front (« la façade »). Pas trop subtil, non. C’est une ancienne consœur de classe d’HP, et il avait le béguin pour elle, dans le temps. Quand il la revoit, il flaire une possibilité d’avancement. Ainsi, les deux renouent d’amitié. Cela permet également à HP de devenir l’ami de Marco, petit dealer qui travaille avec Mette, vendant sa drogue derrière le Front. Accidentellement, HP est arrêté avec Marco: quelle aubaine! Tout le monde y croit, à présent. Pourquoi attendre le feu vert du quartier général? HP décide de remonter la filière criminelle (il est l’un d’eux, à présent) jusqu’au caïd qui approvisionne Marco, dans l’espoir de le coffrer. Ce faisant, HP découvre que la ligne de démarcation entre la loi et le crime est fort mince, et que la différence entre Bien et Mal… ne correspond pas toujours avec le côté de la clôture où l’on pensait se tenir.
On pourrait croire que c’est un dérivé des films américains tels que Narc, ou Training Day, alors qu’en fait, Uro ressemble davantage aux films danois de la série Pusher. Il y a là une influence indéniable. Des personnages portant le nom de Milo, de Frank… même de Radovan! Comme c’est le cas dans les Pusher, on éprouve ici un sentiment de fatalité grandissant, à mesure que le film progresse. Mais, contrairement à ce qui se passe à la fin de Pusher (violence inouïe et désespoir total), la conclusion d’Uro – très sordide – réserve malgré tout une petite place résignée pour la rédemption.
—Andy Mauro (traduction David Pellerin)
|
|
Sitehttp://www.urofilm.no/ Équipe de productionRéalisation: Stefan Faldbakken Scénario: Harald Rosenløw-Eeg Interprètes: Nicolai Cleve Broch
Ane Dahl Torp
Ahmed Zeyan
Ingar Helge Gimle
Nicolas Bro Production: Christian Fredrik Martin, Asle Vatn Distribution: NFI
|