Description
Depuis un jeune âge, Kohei est hanté par la mort de son frère jumeau, un événement tragique dont il assume la responsabilité même s'il est ultimement de causes accidentelles. Pratiquant le métier d'astronaute, il accepte de participer à un projet expérimental avant d'entamer une nouvelle mission dans l'espace. Sans avertir sa femme, il laisse ses gènes à la science pour qu’ainsi, s'il venait à mourir, un clone puisse le remplacer auprès de son épouse. Alors qu'il se trouve au-dessus de la Terre, Kohei est à son tour victime d'un accident fatal. Suite à ce décès soudain, ses dirigeants s'empressent de mettre à exécution la création d'un clone. La copie n'est pourtant pas conforme à l'original. À cause d'une régression mémorielle, ce nouveau Kohei doit à nouveau affronter les lourds souvenirs qui l'ont traumatisé enfant. Ainsi débute un voyage vers la maison où il a grandi, un périple insolite qui l'entraînera au-delà de son humanité fragile.
THE CLONE RETURNS HOME appartient à une autre époque, celle d'Andrei Tarkovsky où le cinéma se tournait vers la science-fiction non pas pour accumuler les scènes d'action tape-à-l'oeil, mais bien pour apporter une réflexion sur notre condition humaine. Face à ce film anachronique sur notre futur, on se laisse envahir par une atmosphère nébuleuse où la réalité semble constamment se confondre avec le rêve. L'errance du clone de Kohei est racontée par une imagerie mystérieuse chargée d'un symbolisme qui dévoile lentement son sens à nos yeux ébahis. En jouant constamment avec les silences et les plans-séquences, le réalisateur Kanji Nakajima démontre un talent fulgurant pour la mise en scène où chaque image est d'une beauté à couper le souffle. Voir ce film sur grand écran sera probablement l'une des expériences esthétiques les plus enrichissantes de l'année. L'acteur Mitsuhiro Oikawa exécute également un véritable contre-emploi par rapport à son rôle de Black Claw dans
CUTIE HONEY (Fantasia 2004). Il relève ici un véritable défi en interprétant avec énormément de nuances les personnages complexes que sont Kohei et ses clones. Avec sa rencontre philosophique entre le film d'auteur et de genre,
THE CLONE RETURNS HOME possède plusieurs affinités avec les meilleures oeuvres de Wim Wenders, qui est justement son producteur exécutif. Même s'il en est encore à ses débuts, on peut déjà considérer Kanji Nakajima comme rien de moins qu'un maître du cinéma japonais, toutes catégories confondues.
—Simon Laperrière