Description
Adam Wingard nous présente un nouveau film à sketches audacieux où quatre histoires interconnectées, situées dans les banlieues américaines, explorent le viol d’une variété de points de vue inconfortables. Dans « Hot Boys », Lane Hughes devient l’objet de désir de Jared (Jasper Lee), un jeune gai prisonnier d’une relation romantique à sens unique avec la petite Abby (Amanda Crawford). Dans « The Sleep Creep », l’offrande la plus horrifique du film au niveau du ton, une jeune femme croit sa maison hantée parce qu’elle se réveille constamment avec d’étranges ecchymoses. Dans « The Metal Man », une histoire qui se tisse à travers le film raccordant le tout ensemble, A.J. Bowen (
A HORRIBLE WAY TO DIE) interprète à nouveau un psychopathe amical qui, cette fois, est un hypnotiseur vagabond se libérant de son horaire chargé pour des « rendez-vous » avec des femmes qui ne se doutent de rien. Et dans le dernier épisode, l’acteur/réalisateur Joe Swanberg (
SILVER BULLETS) est un plongeur malheureux aux prises avec la jolie sœur de son colocataire pour une journée. Alors que quelques verres se transforment en une soirée de beuverie intense, des choses étranges et répréhensibles commencent à se produire.
Cette nouvelle œuvre de Wingard a peut-être un titre ironique inspirant un malaise, mais quiconque ayant eu la chance de découvrir l’une de ses mixtures rêveuses (
POP SKULL,
A HORRIBLE WAY TO DIE, tous deux à Fantasia cette année) sait qu’il peut s’attendre à quelque chose de spécial.
WHAT FUN WE WERE HAVING sort du terrain familier du genre pour se diriger vers un monde enivrant et sombre dans l’enjeu des sexes, parfois avec plus de légèreté que ce à quoi on pourrait s’attendre. Comme pour tous les personnages de Wingard, créés ici avec les coscénaristes E.L. Katz et Simon Barrett, ils ont tout ce qu’il y a d’humain, avec leurs nombreux défauts et imperfections, et demeurent complètement fascinants par leur singularité. L’aura naturelle répandue dans les films de Wingard, même à l’encontre des climats rêveurs et parfois déroutants, est générée en partie par le fait que tous les acteurs improvisent leurs dialogues. Ici, les confrontations ne sont pas simples et proviennent bien souvent sous la forme d’une conscience de soi réticente. Le réalisateur établit une ambiance d’effroi puis force ses personnages à entrevoir leurs comportements répugnants. Avec les éclairages habituels à Wingard, la conception sonore angoissante et de superbes interprétations,
WHAT FUN WE WERE HAVING n’est peut-être pas un titre si ironique que ça.
—Kier-La Janisse (traduction Patrick Lambert)