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Dead Bite ("Gancore Kud")

Première Canadienne
  • Thaïlande
  • 2011
  • 95 mins
  • HD
  • Thaï
  • Anglais (sous-titres)
Sélection officielle, Festival du film asiatique de New York 2012

Ça vous dirait une désopilante comédie de genre, débordante de Playboy bunnies en bikinis et d’espèce de sirènes mangeuses d’hommes, mettant en vedette des stars du hip hop thaïlandais – Joey Boy et son groupe Gancore Club – dans leur propre rôle? Ouep, pour vrai: un film thaï de zombies sous-marins, dans lequel une bande de rappeurs, aussi tatoués que niais, s’embarque sur une croisière avec d’attirantes nymphettes, avant de débarquer sur la plage d’une mystérieuse mais paradisiaque ilette. Évidemment, un gars c’t’un gars (lire : pas fait en bois) et, comme on est dans une série B, ça va saigner – H.G. Lewis devrait apprécier.

Amateurs de rap, d’euro-trash (le vieux comme le neu’ à la DEAD SNOW) et/ou de ridicules films de monstres comme PIRANHA 3D, vous devriez bien vous régaler. Avec ses séquences filmées style caméscope, on pourrait voir DEAD BITE comme un hilarant hommage à CANNIBAL HOLOCAUST (surveillez le type bien harponné) à la manière de WAYNE’S WORLD (!). On fait même un clin d’œil aux Nazis anthropophages et amphibiens (comme SHOCK WAVES), tout en payant son dû à des classiques comme JAWS et autres films cultes (étrangement, il y a même un monstrueusement immense type, ressemblant vraiment à ce bon vieux Jaws, l’ennemi juré de James Bond). Vous a-t-on dit qu’il y avait aussi des fanas de hip hop de type surnaturel, un requin affamé, des ironiques bulletins de nouvelles et une trâlée d’ultra-violents indigènes armés d’haches bien effilées? Et, le plus gros zombie barbu que vous aurez jamais vu. Sérieux.

En plus de signer ici son premier film en tant que réalisateur, sachez que Joey Boy (alias Apisit Opasaimlikit) est aussi un rappeur établi dans son pays (ayant bossé avec Will.i.am des Black Eyed Peas), qui a également joué dans quelques productions dont VINYAN (de Fabrice Du Welz; CALVAIRE) et HEADSHOT. Jusqu’à l’intense, pluvieuse et sanglante scène finale, Joey Boy nous en met plein la gueule, avec tout plein d’action, de plans de caméra inventifs, d’hallucinations, de membres sectionnés, de références ludiques, d’explosions, de romance fromagée... Bref, du gros fun bien sanguinolent, parfait pour la foule de minuit. Avec DEAD BITE, Joey Boy réinvente le film de morts-vivants à l’instar des frères Spierig avec UNDEAD (Fantasia 2003). Gros beats, gros nichons, gros rires gras et pas mal de rouge qui tache. Que demander de plus?

— Kristof G.

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