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Hidden in the Woods ("En las Afueras de la Ciudad")

Première Mondiale
  • Chili
  • 2012
  • 95 mins
  • HD
  • Espagnol
  • Anglais (sous-titres)
En présence du réalisateur Patricio Valladares et de la productrice Evelyn Belmar

Ana et Anny sortent peu, ayant été gardées loin de la société durant presque toutes leurs vies par ce salaud et abusif revendeur de drogue qui leur tient lieu de père. Elles partagent leur triste logis avec un frère déformé et déficient mentalement, qui passe le plus grand de ses journées à convulser dans l’ombre. Un jour, le trio craque, livrant leur père à la police avant de fuir au fin fond des montagnes. Comment survivront-ils dans un monde dans lequel ils ont à peine vécu et dont ils ne comprennent pas vraiment le fonctionnement? C’est le moindre de leurs soucis. Or, malheureusement pour eux, leur père détenait une quantité considérable de drogues… Drogues qui ont maintenant disparues. Pour l’Oncle Costello, caïd sanguinaire de la région, ce n’est pas une mince affaire. Costello est convaincu que les deux filles savent où est planquée sa dope et sa milice de tueurs charcutera quiconque se trouvant sur son passage afin de mettre la main dessus. Les filles ne savent rien et ne veulent rien savoir des affaires de leur père. C’est sans importance. Fuir est tout ce qu’elles peuvent faire, tandis qu’une trainée écarlate et grandissante s’accumule dans leur foulée.

Préparez-vous à vous faire arracher la face. Tel l’enfant bâtard d’un va-et-vient exercé par Ruggero Deodato, Sam Peckinpah et Gaspar Noé entre les reins de Roberta Findlay, HIDDEN IN THE WOODS est une œuvre férocement antagonique qui forcera le plus brave des publics à regarder au travers de leurs doigts, s’il n’est pas déjà allé se cacher. Presque chaque ligne de dialogue y est rugie ou interrompue par un cri (lorsqu’elle n’est pas précédée d’un coup de feu ou d’éclats de verre brisé), jusqu’à ce que l’expérience devienne un tourbillon aussi vertigineux qu’impitoyable. Si implacablement désagréable et extrême est-il, ce film prend des dimensions surréalistes et offre néanmoins un commentaire solide et sans compromis sur ces personnes nées dans un abus si complet qu’elles semblent condamnées à y rester, comme si chaque décision ne peut les mener qu’aux pires situations. Mis en scène avec une puissance viscérale par le réalisateur underground Patricio Valladares, financé en partie par le gouvernement chilien (!) et débordant de personnages les plus méprisables inimaginables, cette déconstruction familiale perverse et brutale représente le cinéma dans sa forme la plus audacieuse, cruelle et intransigeante. Vous aurez été prévenu.

— Mitch Davis

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