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Affreux, sales et méchants (v.f.) ("Brutti, sporchi e cattivi", "Ugly, Dirty and Bad")

  • Italie
  • 1976
  • 115 mins
  • 35mm
  • Français
Rare copie 35mm en version française
GAGNANT: Prix de la mise en scène, Festival de Cannes 1976



Aux abords de Rome, dans un bidonville peu recommandable, l’ignoble Giacinto Mazzatella (Nino Manfredi) règne en tyran sur sa famille disfonctionnelle. Et quelle famille ! Une vingtaine de personnes – incluant parents, enfants, conjoints, petits-enfants et la grand-mère – vivent entassés dans un taudis crasseux. Tel un misanthrope avare, Giacinto traite les gens de son entourage comme des moins que rien. Il doit toujours être sur ses gardes car les yeux de ses proches sont tous rivés sur sa fortune, qu’il doit à une importante indemnité reçue à la suite d’un accident qui le laissa borgne. Il vit dans un constant état de paranoïa, dormant avec sa carabine et changeant constamment la cachette de son butin. Un jour, il tombe amoureux de Sybelle, une plantureuse prostituée. Non seulement il commence à dilapider son argent avec elle, mais il l’invite à partager son domicile et son lit conjugal. Humiliés et excédés du mépris que Giacinto exprime à son égard, sa famille décide ― lors d’un grand conseil ― de l’éliminer et ce, à l’unanimité. Complots, manigances et empoisonnement, rien n’y fait, Giacinto est une force de la nature qui ne dort que d'un œil !

Grand Prix de la Mise en Scène en 1976 à Cannes, AFFREUX, SALES ET MÉCHANTS est une comédie grinçante, provocatrice et irrévérencieuse à souhait. Trash vous dites ? C’est comme si John Waters réalisait un épisode de la série LES BOUGON. Vous l’aurez compris, ce film est une satire sociale corrosive et politiquement incorrecte. Autrement dit, nous sommes bien loin d’une fable néo-réaliste à la De Sica. Encré dans un univers résolument Shakespearien (Giacinto est un Roi Lear du pauvre), le film renvoie avec humour et intelligence à la décadence et au déclin de l’Empire romain. Scola s’attarde aux moindres détails. L’œil attentif remarquera que la mise en scène dépasse largement le cadre de l’action filmée en avant plan. Le magnifique plan séquence de la scène d’ouverture, les scènes avec la jeune fille aux bottes jaunes allant innocemment chercher de l'eau à la fontaine, les plans du gang en scooters embêtant les résidents, la routine quotidienne où l’on enferme les enfants du quartier dans un enclot, le conseil de famille, le baptême du petit-fils ou le grand souper familial sont d’autant de preuves qui démontent le savoir-faire du réalisateur. Un film à la fois burlesque et joyeusement chaotique, à l’image de la famille Mazzatella.

— DJ XL5

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