Billets

Gyo: Tokyo Fish Attack

Première Canadienne
  • Japon
  • 2012
  • 70 mins
  • HD
  • Japonais
  • Anglais (sous-titres)
Sélection officielle, Festival du film d'Extrême-Orient Terracotta 2012
Sélection officielle, Festival du film asiatique de New York 2012

Tandis que Tadashi, son fiancé, travaille dur à Tokyo, la belle Kaori part pour une petite escapade à Okinawa avec ses amies Aki et Erika, afin d’y célébrer leur graduation sous un soleil bienfaiteur. Aussitôt que les filles posent le pied dans ce chalet isolé où elles doivent habiter durant quelques jours, ça se gâte. Il y règne une odeur répugnante et nauséabonde : c’est une petite bestiole horrible, un poisson doté de pattes d’araignée métalliques, qui empeste à ce point et les trois filles finiront par la piéger et enfin l’écrabouiller. Mais quelle affreuse découverte! Quelques heures plus tard et voici que des milliers de ces abominations émergent des eaux environnantes, envahissant la petite île d’Okinawa qui déjà suffoque dans un nuage de puanteur atroce. Et il n’y a pas que ces petites créatures! Tout le Japon sera pris d’assaut par ces poissons à huit pattes. Hélas, ces prédateurs amphibies-arachnides ne sont que le commencement…

Le nom de Junji Ito n’est pas inconnu des amateurs de cinéma d’horreur hors normes et nombre de films ont déjà puisé leur inspiration dans ses très populaires mangas. On n’a qu’à penser à l’adaptation cinématographique d’UZUMAKI, présenté à Fantasia en 2000, ou bien à la série des TOMIE (le festival présentait l’an dernier TOMIE UNLIMITED). Jusqu’à ce jour, toutefois, les adaptations animées ne semblaient pas vouloir sourire à Ito. Tiré du roman graphique du même nom, GYO constitue la première partie d’une trilogie animée lancée par le studio Ufotable, via leur toute nouvelle filiale, Anime Bunko. L’œuvre de Junji Ito perpétue cette longue tradition des Hideshi Hino, Kazuo Umezu, et H. P. Lovecraft, merveilleux gardiens du grotesque: c’est un angoissant mélange de cauchemars biologiques et des mécaniques de la folie, ponctuant ses troublantes histoires d’étincelantes étrangetés et autres images-choc. Ito nous livre ici son « apocalypse zombie » bien à lui, c’est-à-dire son interprétation personnelle de cette rengaine mille fois ressassée : il prend tout ce à quoi nous sommes déjà trop habitués et le retourne, le tord et le déforme complètement. GYO nous pousse dans une région inexplorée du cinéma d’horreur, et nos festivaliers préférés sont conviés à plonger, eux aussi, dans le délire quasi insondable qui ne pouvait décidément prendre naissance nulle part ailleurs que dans un ténébreux esprit comme celui de Junji Ito.

— Rupert Bottenberg

Sponsors
Sponsors