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Headshot ("Fon Tok Kuen Fah")

Première Québécoise

“The oddest noir thriller you’re likely to see this year (maybe any year)” — Elizabeth Kerr, HEROIC CINEMA

“A film of high style and assured cool... a sharp, taut, scrappy affair” — Jason Bailey, FOURTH ROW CENTER

Dans une pièce sombre, un homme mystérieux écrit sur une machine à écrire, des instructions sur un assassinat projeté. Tul acquiert les informations et procède. Jadis policier, il prépare méticuleusement son fusil, rase ses cheveux et revêt la toge traditionnelle du moine bouddhiste, un déguisement d’apparence simple qui s’avérera personnellement prophétique. Ce que Tul ne sait pas encore, c’est que cet assassinat sera sa dernière mission… pour un bon moment. Après avoir reçu une balle dans la tête, il se réveille près de 3 mois plus tard et c’est littéralement le monde à l’envers. Tul peut désormais « voir la pluie tomber vers le haut ». Malheureusement, cette affectation oculaire n’est qu’un avant-goût de l’odyssée transformative qui l’attend. Tul est rapidement ramené dans le monde qu’une balle dans la tête vous ferait irrévocablement quitter. Et tandis qu’il réassemble les évènements l’ayant mené au présent, plus rien n’est comme avant. L’assassinat était-il un coup monté? Qui veut sa peau lors de sa nouvelle mission? Est-ce, d’ailleurs, d’importance?

Mesdames et messieurs, Pen-Ek Ratanaruang est de retour. Récipiendaire de « Meilleur Film » et « Meilleur Film Asiatique » de l’édition 2004 de Fantasia pour l’incroyable LAST LIFE IN THE UNIVERSE, Ratanaruang ne s’est pas exactement assis sur ses lauriers, mais il est retour avec un film de genre des plus exaltés, replongeant dans le monde criminel de ses premiers films. Basé sur le roman “Rain Falling Up the Sky”de Win Lyovarin, HEADSHOT complexifie la prémisse conventionnelle du thriller à l’aide d’un collage de flashbacks, culminant en l’une des études de personnage les plus saisissantes mises à l’écran. Nopachai Chaiyanam dans le rôle de Tul, qu’on apprend à connaître de fond en comble, incarne un personnage profondément satisfaisant et moralement ambigu, qui devient de plus en plus complexe, au fur et à mesure que Ratanaruang dévoile les évènements l’ayant mené au moment fatidique. Au travers d’amours perdus, de spiritualité bourgeonnante et d’un déluge de coups de feu, Tul sera confronté à une réalisation choquante : il n’y a pas de bien et de mal, il y a seulement ce que l’on en fait. Plus qu’une astuce visuelle, sa vision déformée devient symbole de son parcours moral. Même si le film est en partie une critique de la corruption dans l’institution policière thaïlandaise, ainsi qu’un voyage philosophique bourré d’action, HEADSHOT reste ultimement un film splendide à propos de l’inévitable cycle de l’existence, raconté à travers une poursuite chargée en fusillades.

— Ariel Esteban Cayer

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