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Caligula (v.f.)

Rare copie 35mm en version française
Ce film comporte un contenu explicite pouvant choquer certains spectateurs. Interdit aux mineurs.

"Caligula est évidemment un film événement, porteur de scandale. Au-delà de la violence, de la décadence, de la sexualité et des excès en tous genres, le film de Brass dépeint avec talent une époque cruelle et barbare. L'insistante théâtralisation du film réussi à iconiser le tout avec panache, allant bien au-delà du simple film d’exploitation." — DJ XL5

Après la présentation en 2010 du subversif THE DEVILS (du regretté Ken Russell, qui s’était déplacé pour l’occasion), Fantasia vous présente l’un des films les plus controversés de l’histoire du cinéma : CALIGULA! À Rome, entre les années 37 et 41 après Jésus-Christ, nous suivons Caligula (Malcolm McDowell), le troublé héritier du trône de l’Empereur Tiberius Ceasar (son grand oncle au visage malade qui se meurt de syphilis, incarné par le grand Peter O’Toole), qui, appuyé de Drusilla (Teresa Ann Savoy; SALON KITTY de Brass), sa sœur adorée, finira par devenir le souverain du monde et par épouser Caesonia (Helen Mirren; EXCALIBUR, THE QUEEN), une jolie courtisane, avant sa cruelle, dépravée et tragique descente en enfer. À la fois grandiloquent (les costumes et décors sont rien de moins que somptueux), épique, théâtral (on dirait du Shakespeare) et tout sauf pudique, il n’est pas surprenant que ce film au tournage tumultueux fut produit par le magazine pour adultes Penthouse. Plusieurs années après avoir remué la planète cinéphile avec sa puissante performance dans le fantastique CLOCKWORK ORANGE de Kubrick et quelques années avant le CAT PEOPLE de Paul Schrader, McDowell alla encore plus loin en s’embarquant dans l’ambitieuse œuvre que fut CALIGULA.

Bien avant Lars Von Trier et son ANTICHRIST, Tinto Brass mettait en scène des acteurs reconnus, de la violence intense (incluant de la mutilation génitale) et des scènes de sexualité explicite ― après le congédiement du réalisateur, quelques scènes pornographiques furent tournées et ajoutées par les producteurs, qui étaient également éditeurs du magazine susmentionné. Au niveau violence, le long métrage fleuve (plus de deux heures et demie!) est également assez porté sur le sadomasochisme et parfois d’une barbarie parfaitement en phase avec l’époque dans laquelle est située l’action; les scènes de torture, décapitations et autres sévices abondent et ce, deux ans avant la sortie de l’infâme et provocant CANNIBAL HOLOCAUST. Si l’œuvre est aussi perverse que décadente (de multiples orgies très graphiques ont lieu) et souvent réellement tordue (incluant difformités, inceste et autres pratiques sexuelles peu orthodoxes et/ou déviantes, en plus de certaines plus implicites, telles que pédophilie, bestialité et nécrophilie), CALIGULA fut indubitablement un projet porté par une ambition sans précédent. Un gargantuesque et homérique bordel que le Marquis de Sade aurait certainement célébré. Si vous ne l’avez jamais visionné, vous en ressortirez assurément bouche bée.

— Kristof G.

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