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Punch ("Wandeuki")

Première Québécoise
Sélection officielle, Festival international du film de Berlin 2012
Sélection officielle, Festival du film d'Extrême-Orient d'Udine 2012
Sélection officielle, Festival international du film de Shanghai 2012

“This is the kind of film that reminds you why Korean cinema is so well-regarded” — MODERN KOREAN CINEMA

Dans un quartier défavorisé de Séoul, Wan-deuk habite une bicoque minable avec son père bossu et son oncle simple d'esprit, qui sont deux danseurs de claquettes au chômage contraints à performer dans les marchés publics. Refermé sur lui-même, le jeune homme de 17 ans, qui a grandi sans connaître sa mère, peine à accepter la situation sociale et financière de sa famille, exprimant sa frustration en punissant quiconque tente de juger ou humilier les siens. À l'école, Wan-deuk est dernier de classe, ce qui l'expose aux remarques épicées de son professeur, le caustique Dong-joo, dont le franc-parler à l'endroit de ses étudiants ferait sourciller les apôtres de la rectitude politique. Dong-joo ne lâche pas Wan-deuk une seconde, au grand désespoir de celui-ci qui doit endurer les railleries du bonhomme jusque chez lui, comme ils sont voisins. Mais derrière son style tranchant, Dong-joo cache un cœur d'or qui le pousse à prendre le jeune sous son aile pour le faire sortir de sa coquille. Avec sa légendaire subtilité, il entre dans sa vie comme un camion dans un musée de poterie. Coup sur coup, il retrouve la mère de Wan-deuk (une immigrante philippine), le pousse au kickboxing pour qu'il évacue son agressivité et entreprend de lui enseigner l'amour-propre. Contre toute attente, les deux hommes développeront une tumultueuse complicité.

Si vous avez besoin de reprendre espoir en l'être humain durant deux heures de cinéma capable de vous soutirer autant d'éclats de rire que de larmes versées pour les bonnes raisons, PUNCH devrait vous être prescrit. Ce « feel good movie » vante les mérites d'une communauté unie face au regard de ceux jugeant la pauvreté, l'origine ethnique, la solitude et les handicaps de toutes sortes avec tant de verve et d'humanité qu'il pourrait insuffler de l'empathie aux pires requins de Wall Street. Adapté d'un populaire roman, le scénario rythmé de Kim Dong-woo (AN EYE FOR AN EYE) regorge de dialogues absolument délectables (vous rirez aux larmes devant les truculentes joutes verbales entre les protagonistes et un voisin hystériquement vulgaire) et insère sans la moindre lourdeur plusieurs intrigues secondaires sympathiques. Au cœur d'une distribution redoutable incarnant une galerie de personnages inoubliables, Yoo Ah-in (ANTIQUE) tire admirablement bien son épingle du jeu devant l'immense Kim Yun-seok (le proxénète de THE CHASER), qui livre une performance verbomotrice remarquable capable de semer l'hilarité d'un froncement de sourcil. En cette période socialement houleuse, PUNCH représente une solution de choix au cynisme ambiant.

— Nicolas Archambault

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