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Hemorrhage

Première Québécoise
  • Canada
  • 2012
  • 78 mins
  • HD
  • Anglais
En présence du scénariste/réalisateur Braden Croft et des co-producteurs Elizabeth Levine, Adrian Salpeter et Benjamin Mallin

Après 6 années passées dans une institution psychiatrique, le jeune meurtrier Oliver Lorenz est considéré comme étant prêt à réintégrer la société. Vivant dans l’ombre de son père, un éminent docteur spécialisé dans la lobotomie frontale, Oliver est un jeune homme surdoué douloureusement limité par sa condition, qui l’empêche d’entretenir quelconque interaction sociale normale que ce soit. En gardant dormant ses élans psychopathes et schizophrènes, Oliver semble bien se porter. Certes, il y a l’occasionnel faux pas, mais rien qui ne puisse être contrôlé par un copieux cocktail de médicaments et un peu de thérapie. Rapidement, Oliver est assigné à un emploi de concierge dans une clinique d’avortement. Le destin intervient, imprévisiblement, histoire de compliquer les choses davantage: déjà suffisamment préoccupé avec la désintégration de sa vie, Olivier tombe… en amour. L’élue est Claire, une jeune infirmière rencontrée à la clinique. Cette complexe montée de sentiments fait dérailler Oliver dans un tourbillon de doute, alors que l’un de leurs rendez-vous se transforme rapidement en enlèvement – apparemment contre la volonté à la fois du ravisseur et de sa victime. C’est qu’Oliver ne réalise pas encore que les voix dans sa tête le conduisent sans relâche vers une destination spécifique; une qui ne sera pas sans conséquences mais des plus sanglantes, possiblement liée directement à son historique familial et son désir d’être finalement guéri.

Si ABSENTIA fut LE surprenant succès indépendant de l’an dernier, on a droit cette année à HEMORRHAGE, un revitalisant premier film du réalisateur albertain Braden Croft. Ce thriller de tueur en série à petit budget (tourné sur une Canon7D) combine la structure du « road movie » avec une descente (ou plutôt, une chute libre) dans la psyché troublée d’un psychopathe voulant comprendre les sentiments de base de l’homme, tel que l’amour, l’attraction… et la survie. Le film progresse en développant les relations de pouvoir entre Oliver (Alex D. Mackie) et Claire (Brittney Grabill), qui évoluent avec fluidité, étant parfaitement en phase avec les nombreux rebondissements que Croft prépare pour son public. Mackie hypnotise littéralement le spectateur , se balançant délicatement entre sympathie et folie totale, prêt à exploser à tout moment, tout en invitant à une troublante empathie dans sa quête de normalité et de contrôle de soi. Ne cherchez pas plus loin : voici le thriller indépendant canadien qui devrait vous exciter et vous stimuler quant au futur de notre cinéma national.

— Ariel Esteban Cayer

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