Billets

Monsters Club ("Monsutazu Kurabu")

Première Québécoise
  • Japon
  • 2011
  • 72 mins
  • HD
  • Japonais
  • Anglais (sous-titres)
Sélection officielle, Festival international du film de Toronto 2011
Sélection officielle, Nippon Connection 2012
Sélection officielle, Festival du film asiatique de New York 2012

“Engaging and surprisingly humanistic... Lyrical and beautiful in its own way” — James Mudge, BEYOND HOLLYWOOD

Dans une cabane isolée quelque part dans les montagnes du Japon, Ryoichi vit une existence complètement autonome. Il passe le plus clair de son temps à construire soigneusement des bombes artisanales, qu’il envoie systématiquement aux présidents de compagnie et autres personnalités politiques les plus influentes du pays. Mais à ses yeux, il n'est ni un assassin ni un terroriste. Il n’est qu’un messager du Monsters Club, une organisation vaguement définie dont il est le seul membre et par laquelle il communique son exaspération avec la société moderne au monde extérieur, informe ses dirigeants de ses défauts inhérents. Pourtant, tout cela devient secondaire lorsque son existence paisible se voit bouleversée par d’étranges apparitions. Projections de son esprit, signes de névrose ou véritables démons, bientôt le Monsters Club devient pas mal peuplé et Ryoichi doit répondre de ses actions, ainsi qu’aux membres de sa famille – décédés ou vivants – `dont il s’est savamment aliéné pendant plusieurs années.

Ainsi débute le dernier Toshiaki Toyoda (9 SOULS, BLUE SPRING), un film superbe dans lequel les sombres pulsions de l’âme humaine portent et se cachent derrière de nombreux masques. Conçu à la suite d’une lecture de «Industrial Society and Its Future », mieux connu sous le titre du « Manifeste de l’Unabomber » (écrit par le mathématicien, néo-luddite et meurtrier Ted Kaczynski), MONSTERS CLUB est cependant très loin du thriller terroriste. Tourné dans le magnifique paysage enneigé des forêts et montagnes Japonaises, il s’agit plutôt d’un portrait méditatif dans lequel l’âme d’un personnage est exposée (parfois à vif) afin d’être explorée dans toute sa complexité. Conçu pour traiter de et spéculer sur l’état mental complexe d’individus ayant commis des actes extrêmes tel que Kacsynski, vous aurez de la difficulté à trouver une étude de personnage plus fascinante cette année. L’acteur japonais Eita incarne Ryoichi parfaitement, dans tout son précis et calculé sang-froid, le laissant tranquillement glisser vers le doute de soi et l’effondrement mental. Si les paramètres de la monstruosité deviennent graduellement plus complexes durant son opération, d’uniques créatures se manifestent, suivies de plusieurs connaissances profondément connectées à son historique personnel et familial non-résolu. Ultimement, MONSTERS CLUB est une exploration magnifiquement sereine et troublante de la quête personnelle et spirituelle dans une ère aliénante et sans âme, où règnent capitalisme et contrôle corporatif. En d’autres mots, comme le « club des monstres » est à la veille de devenir encore plus achalandé, vous devriez joindre ses rangs dès maintenant.

— Ariel Esteban Cayer

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