Billets

Asura

Première Canadienne
  • Japon
  • 2012
  • 75 mins
  • HD
  • Japonais
  • Anglais (sous-titres)
En présence du producteur Yoshi Ikezawa

Sélection officielle, Festival du film d'animation d'Annecy 2012
Sélection officielle, Festival du film asiatique de New York 2012

La dévastation pèse sur le Japon féodal, miné par la sécheresse et la famine. À l’exception d’une poignée d’aristocrates, tous meurent de faim, alors que la campagne est frappée par le désespoir, le désordre social – et le cannibalisme. Un enfant-démon hante ces terres, tenant une hache redoutable dans ses petites serres. Nourri au sein de sa mère que la faim poussa à commettre l’impardonnable, il n’a connu que douleur, rage et désespoir toute son enfance durant. Il se cache, guette, attaque et tue avec la rapidité et la férocité d’un animal – et se nourrit comme une bête le ferait, à même ses semblables. Peut-on espérer trouver la moindre parcelle d’humanité dans le cœur d’un monstre pareil?

Scandale et controverse accueillirent l’arrivée de la bande dessinée « Asura » lors de sa publication dans l’incontournable manga japonais Shonen Magazine, au mois d’août 1970. L’édition fut bannie dans plusieurs régions du Japon et l’auteur de cette série de bédé, le « mangaka » George Akiyama, connut la renommée instantanée pour avoir présenté de façon provocatrice et sans sourciller la plus extrême misère humaine. Il consolida cette réputation l’année suivante avec « Kokuhaku » (« Confessions »), qui racontait à la première personne, entre autres choses, une troublante histoire de meurtres. Au fil des ans, Akiyama se mérita des récompenses majeures, adapta la Bible sous forme de manga (plusieurs années avant R. Crumb!) et débuta l’enjouée et durable série « Haguregumo » (toujours en branle après 38 ans!). Cependant, l’attirance d’Akiyama envers la transgression persiste, comme en témoigne « An Introduction to China : A Study of Our Bothersome Neighbors » (2005), qui traitait du Massacre de Nanking!

Même après quarante ans, « Asura » d’Akiyama demeure une œuvre d’action tragi-horrifique crue et attendrissante (ses protagonistes étant à la fois détestables et touchants), dont l’efficacité est phénoménalement amplifiée grâce à ce nouveau film animé. Keiichi Sato, réalisateur de TIGER & BUNNY et KARAS, maîtrise parfaitement ce savant mélange d’animation digitale et de dessins faits à la main, le tout parsemé d’éblouissants combats, poursuites et autres flashs d’une effroyable beauté. Brillant et intense, ASURA est une randonnée infernale que vous n’oublierez pas de sitôt.

© George Akiyama / ASURA Film Partners

— Rupert Bottenberg

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