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As Luck Would Have It ("La chispa de la vida ")

Première Canadienne
  • Espagne
  • 2012
  • 98 mins
  • 35mm
  • Espagnol
  • Anglais (sous-titres)
Sélection officielle, Festival international du film de Berlin 2012
Sélection officielle, Festival du film de Tribeca 2012

“Mordantly funny and sharp as a razor” — Gabe Toro, INDIEWIRE

Roberto a jadis été un génial concepteur dans le monde de la pub. Une légende. À l’aube de la cinquantaine, il est maintenant un chômeur et un paria qui tente de rester crédible dans un impitoyable univers corporatif. À la maison, Roberto tente tant bien que mal de cacher à sa femme Luisa (Salma Hayek) la précarité de leur situation financière. Puis, soudain, son existence est bouleversée : Roberto est victime d’un terrible accident qui le laisse littéralement cloué au sol par un piquet de métal lui traversant la tête. Bien qu’il soit parfaitement conscient, il ne peut cependant être déplacé sans risque. Une tragédie! Enfin, non, pas tout à fait. En vieux routard de la pub, Roberto voit immédiatement les bénéfices que peut lui apporter cette atroce situation. Pour se jouer des médias et du public afin de retourner la situation à son avantage, il utilisera tous les trucs du métier ― manipulant au passage les pires instincts de la société moderne ― et ce, même s’il doit en crever.

Le cinéaste non-conformiste espagnol Álex de la Iglesia (créateur d’inimitables classiques comme DAY OF THE BEAST , PERDITA DURANGO , ACCION MUTANTE et FERPECT CRIME ) nous revient avec un autre joyau excentrique. C’est ACE IN THE HOLE de Billy Wilder (avec un soupçon de DEATH OF A SALESMAN ) à la sauce du jour, résultant en une comédie totalement absurde. Il livre ici un film rempli d’ironie poétique et d’un surréalisme pince-sans-rire, où s’enchaînent des moments angoissants et dramatiques donnant une surprenante puissance à une prémisse qui, d’entrée de jeu, pourrait paraître ridicule. On nous montre qu’il est possible de faire des sacrifices et d’exploiter le cynisme pour accomplir une bonne action. C’est aussi un film sur la façon dont notre culture mesure la masculinité à l’habileté qu’a un homme de subvenir aux besoins de sa famille et sur les effets dévastateurs qu’ont les contraintes économiques insurmontables sur son amour-propre. Indubitablement, cette critique sociale aurait pu être désastreuse dans les mains d’un réalisateur moins chevronné, mais de la Iglesia assure remarquablement comme le grand maître qu’il est depuis déjà un bon moment. Son choix d’interprètes est pile-poil comme jamais : Hayek est particulièrement fantastique, tout comme Carolina Bang, qui refait équipe avec de la Iglesia après le phénoménal THE LAST CIRCUS (2010). En bonus, remarquez les caméos de Santiago Segura et de Nacho Vigalondo, réalisateur/vedette de TIMECRIMES !

— Mitch Davis

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