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Honey Pupu ("Xiaoshi dakan")

Première Québécoise
  • Taïwan
  • 2011
  • 102 mins
  • 35mm
  • Mandarin
  • Anglais (sous-titres)
GAGNANT: Meilleur réalisateur, meilleure actrice, meilleure direction photo, meilleur musique, Taipei Film Awards 2011

“A deliriously wild mix of Web-based youth culture, fantasia and memory… one of the few recent films that grasps the Internet as a way of viewing the world” – Robert Koehler, VARIETY

Au cœur de HONEY PUPU résonne l’écho de la voix d’une nouvelle génération. Sa portée est plus grande que ce que vous pouvez voir à l’écran. Bien sûr, il y a tous ces sites Web, casques d’écoute et téléphones cellulaires qui définissent le monde des personnages, mais il y a de plus profondes et importantes différences avec le cinéma traditionnel, où un concept est développé pour illustrer le message ou les intentions d’un scénariste ou d’un réalisateur — un seul point d’accès et un discours nous éduquant. HONEY PUPU n’est en rien comme ça. Il s’agit d’une expérience bien plus riche et impressionnante que ce qu’un film traditionnel ne pourrait jamais produire.

Dans ce deuxième long métrage du cinéaste taïwanais Chen Hung-I, tout est un « mash-up », un collage d’idées et de visions, certaines personnelles, d’autres trouvées ailleurs, qui s’avère onirique, poétique et d’une rafraîchissante modernité. Vérité, sens et résonance se trouvent dans cette complexe toile d’information plutôt que dans un seul énoncé. Le thème central, autour duquel plusieurs récits sont explorés, est la disparition. Les histoires sont inter-reliées par l’entremise d’un site Web où les personnes disparues peuvent être signalées et retracées, mais tout ceci n’est qu’une amorce permettant de présenter davantage d’impressions et de points de vue à propos de ce que le manque ou la disparition signifie. Des petits amis qui sont partis sans avertissement au déclin des populations d’abeilles, de la nostalgie au manque de logique, tout va et vient devant et loin de notre regard.

Les cordes que Chen possède à son arc sont toutes d’une grande beauté et en abondance, donnant à chaque segment l’atmosphère appropriée et laissant derrière lui une empreinte visuelle véritablement stupéfiante. Son passé de réalisateur de vidéoclips est par ailleurs apparent de par son usage de la musique. Quant au jeu des acteurs, il est pur et naturel, tout en conservant un aspect jeune et moderne. Si Lin Po-Sheng est la découverte majeure, le reste de la distribution n’est pas loin derrière, avec des performances impressionnantes d’un bout à l’autre, élèvant le film encore plus haut. Visionner HONEY PUPU est une expérience unique qui, on l’espère, inspirera un mouvement cinématographique tout entier. Et bien qu’il ne puisse prétendre à une originalité absolue (avec PK.COM.CN sorti en 2008, Xiao Jiang le précède au niveau stylistique), il s’agit néanmoins du plus beau, distinctif et habilement exécuté film du genre à ce jour.

— Niels Matthijs

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