Billets

Carré blanc

Première Québécoise
  • France
  • 2011
  • 77 mins
  • HD
  • Français
  • Anglais (sous-titres)
Sélection officielle, Festival international du film de Toronto 2011
Sélection officielle, Fantastic Fest 2011

"Brilliant... one of the most self-assured and confident debut films in years" — Todd Brown, TWITCH

“Une œuvre profondément sans concessions, à tous les points de vue” — Nicolas Gilli, EXCESSIF

Avant son suicide, la mère de Philippe a conseillé à son fils adolescent d’apprendre à faire semblant. S’il désire survivre sur cette planète où règne la loi du plus fort, il devra apprendre à être comme les autres, mais en cachant l’humanité qu’on tentera de lui arracher. Envoyé dans un orphelinat, il suit un entraînement particulier afin de devenir un être dénué de pitié prêt à se tourner vers la violence si nécessaire. Mais un jour, il craque et tente de rejoindre sa mère dans la tombe. Il est secouru in extremis par Marie, une jeune résidente de l’institution où il demeure.

Quelques années plus tard, Philippe et Marie forment dorénavant un couple. Répondant parfaitement aux critères du citoyen idéal, il a gravi avec brio les échelons et obtenu un poste important au sein d’une compagnie sans âme. Sa responsabilité : pousser les employés de l’entreprise à bout en les obligeant à suivre d’étranges et cruels tests d’habilité, une tâche qu’il exécute à merveille. Marie, quant à elle, est ailleurs. Incapable d’avoir un enfant avec son mari, ce qui est très mal perçu dans un État valorisant la procréation, elle voit désormais son conjoint sous son vrai visage : celui d’un homme que sa mère aurait renié. Cette nouvelle perception lui permet également de découvrir que quelque chose vit caché dans ce monde croulant sous l’oppression. Une lumière qui résiste.

Dans l’esprit de 1984 de George Orwell, CARRÉ BLANC propose une vision terrifiante d’un futur dystopique. Le réalisateur et scénariste Jean-Baptiste Léonetti a imaginé un monde d’ombre et de désespoir qui, bien qu’obéissant à sa propre logique, se rapproche dangereusement du nôtre. Son long métrage nous engouffre dans une société de surveillance littéralement cannibale où règnent absurdité et brutalité. À cet égard, en plus de donner lieu à d’inoubliables séquences d’une rare puissance, les examens énigmatiques que Philippe fait passer à ses employés sont un témoignage troublant de la banalisation de la méchanceté au quotidien. Comme le ferait un cauchemar, CARRÉ BLANC dépeint avec une froideur chirurgicale nos pires angoisses face à notre avenir qui semble parfois de plus en plus austère. Grâce à une remarquable composition d’image et d’impressionnantes performances d’acteurs, ce renversant premier film a été judicieusement qualifié par la critique de découverte majeure dans le cinéma fantastique. Après une impressionnante tournée internationale, le voici enfin à Montréal.

— Simon Laperrière

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