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Miami Connection

“Completely wrongheaded in every way, yet vastly entertaining as a result… a blast from start to finish” - William S. Wilson, VIDEO JUNKIE

Un deal de cocaïne s'effectue tout doucement à Miami, jusqu'à ce que des ninjas attaquent! Aucune coupe Longueuil ni moustache ― aussi vigoureuses soient-elles ― ne peuvent protéger quiconque des shuriken mortels qui sifflent parmi les palmiers la nuit tombée. Un peu plus loin, avec leur « rock d’art martiaux » unique en son genre ― du jamais vu, ni entendu auparavant (heureusement) ― les Dragon Sound cassent la baraque du club le plus chaud de Miami. Or, il y a quelque chose qui ne tourne pas rond. Et c’est sur le point d’empirer (non, pas très bon). C'est que Jeff, chef des voyous du coin, n'apprécie guère que sa frangine Jane fréquente John et les autres rockeurs, qui sont également des élèves disciplinés de l'école de taekwondo de Mark, le guitariste. Autre problème : le leader du susmentionné clan de ninjas/dealers de poudre est embêté par la présence des Dragon Sound qui engendre trop d'harmonie dans le secteur. Mark et les Dragon Sound ne sont là que pour se la couler douce, mec. Ils ne cherchent aucunement le trouble. Or, ce dernier fonce droit sur eux... et il est motorisé!

Vous avez conservé vos bandanas, bretelles et gants aux doigts coupés suite à la projection de THE FP (Fantasia 2011), hommage des frères Trost dédié au cinéma cucul des années 1980? Tant mieux, car MIAMI CONNECTION est un authentique chef-d'œuvre oublié de la série B (voire Z) issu de la seconde moitié des années 1980! Le Miami de l'époque tel qu'imaginé par les prétendus « cinéastes » Y.K. Kim et Richard Park s'anime à nouveau. Et la plus grande ville de la Floride y est exposée dans toute sa splendeur, lui procurant un sex-appeal aussi sensuel que celui de la Plaza St-Hubert. Flanqué d'une trame sonore synth-rock d'un sirupeux gênant, les combats approximatifs et les dialogues étrangement dénués d’inspiration de ce film sont une gracieuseté de talentueux incompétents, dont plusieurs auraient été drôlement embêtés s'ils avaient eu à porter un chandail devant la caméra – quoique le gentleman vêtu d'un regrettable short trop court vient compenser. Même si MIAMI CONNECTION possède des lacunes côté scénario, performances, cadrages, éclairage, chorégraphies, son, costumes, montage… bref d'à peu près tout ce qui rend une production cinématographique acceptable, cette déchirante lutte que doit subir Miami sous la menace de ninjas à motocyclettes nous prouve que le ridicule ne tue pas. C'est déjà ça!

— Rupert Bottenberg

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