Billets

Nameless Gangster: Rules of the Time ("Bumchoiwaui Junjaeng")

Première Québécoise
Sélection officielle, Festival du film asiatique de New York 2012

"A smartly made gangster film that transcends its genre trappings" — Beth Accomando, KPBS

"The Korean mob film Scorsese would be proud of" — Jacob Templin, TIME

En octobre 1990, la République de Corée déclara la guerre au crime organisé. Hommes d'affaires corrompus et barons de la pègre furent traqués puis jetés en prison, sans égard pour leur immense pouvoir. La fête était bel et bien terminée. Ce fut d'autant plus le cas en ce qui concerne Choi Ik-yun (Choi Min-sik), car il avait travaillé comme un chien pour se rendre là où il était. Maintenant qu'il entame son séjour à l'ombre, il doit passer aux aveux.

Tout commence en 1982, au moment où Ik-yun bosse comme douanier au port de Busan. Vivant modestement avec femme et enfants, il n'hésite jamais à user de pratiques douteuses afin d'engranger quelques dollars supplémentaires. Alors qu'il cherche à vendre une cargaison de drogue trouvée dans un conteneur, il rencontre le puissant gangster Choi Hyung-bae (Ha Jung-woo), avant de découvrir qu'ils sont apparentés. Si, initialement, son côté grande-gueule et sa (fausse) bonhommie occasionnent à Ik-yun quelques problèmes avec son nouvel associé, il parvient néanmoins à entrer dans le gang. Car le bonhomme est rusé. Il sait tirer profit de son charisme exceptionnel, mais également de son côté redoutablement manipulateur. De plus, il n'abandonne jamais. Pendant que tous voient Ik-yun comme un éternel second violon, celui-ci devient peu à peu le chef d'orchestre.

La Corée du Sud possède un riche historique en matière de films de gangsters, avec des classiques tels que A BITTERSWEET LIFE (Kim Ji-woon) et BREATHLESS (Yang Ik-june). Vous pouvez dorénavant ajouter NAMELESS GANGSTER à cette liste. Le réalisateur-scénariste Yun Jong-bin, maintes fois primé pour THE UNFORGIVEN, livre ici une chronique captivante qui, à l'instar de MEMORIES OF MURDER (Bong Joon-ho), dépeint habilement le contexte dictatorial des années 80. Plusieurs chansons tirées de cette époque agrémentent d'ailleurs l'excellente trame sonore composée par Cho Young-wook, fréquent collaborateur de Park Chan-wook. Si la majorité des œuvres emblématiques du film de gangsters mettent en scène de grands interprètes, NAMELESS GANGSTER bénéficie d'un duo d'acteurs rêvé, se livrant un duel des plus envoûtants. Ha Jung-woo (THE CHASER) inspire calmement la crainte et affiche la prestance d'un parrain, tandis que l'impérial Choi Min-sik livre une performance grandiose digne de ses rôles marquants dans OLDBOY et I SAW THE DEVIL. NAMELESS GANGSTER n'a indéniablement rien à envier aux grandes chroniques mafieuses et si on pense souvent à GOODFELLAS en le visionnant, jamais le chef-d’œuvre de Scorsese ne lui porte ombrage. Croyez-nous sur parole.

— Nicolas Archambault

Sponsors
Sponsors