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Le Temps du Massacre ("Il tempo di massacro")

  • Italie
  • 1966
  • 83 mins
  • Français

Les habitués du festival et autres fanas de cinéma « spaghetti » connaissent bien Lucio Fulci (1927-1996), ce vieux tâcheron bien aimé qui n’avait jamais peur du sang ni de le faire couler allégrement dans ses productions bien dégorgées. Évidemment, il a été surtout reconnu pour ses films d’horreur bien crades et débordants de zombies, incluant son incroyable classique L’ENFER DES ZOMBIES, dans lequel on peut notamment voir un de ses macchabés ambulants se farcir un sous-marin de requin. Joli. Or, le bonhomme a touché à pas mal de genres au courant de sa prolifique carrière, du giallo (LE VENIN DE LA PEUR, L’ÉVENTREUR DE NEW YORK) au limite satanique (LA MALÉDICTION DU PHARAON, FRAYEURS), en passant par le fantastique (CONQUEST, LE CHAT NOIR) et même le post-apocalyptique (LES CENTURIONS AN 2001, vu au festival l’an dernier). Une vie bien remplie, quoi.

Peu après les premiers westerns de Leone, Fulci signe LE TEMPS DU MASSACRE, qui raconte l’histoire d’un ténébreux blondinet nommé Tom Corbett (Franco Nero) aux prises avec une famille de mafiosos des plus pourris, qui ont pris le contrôle de sa ville natale. Heureusement, son paumé de frangin Jeffrey (George Hilton) est là pour lui filer un coup de main. Bref, une brutale, tragique et familiale histoire de truands mêlant humiliation, règlements de comptes et hautes trahisons (et ce, six ans avant la sortie de LE PARRAIN!). Fusillades, salves d’harmonica et surprenants rebondissements sont évidemment à l’honneur.

1966 fut une grande année pour Nero, qui venait à peine d’atteindre la notoriété avec le DJANGO original (il a d’ailleurs un petit caméo dans celui de Tarantino). On a pu revoir par la suite le bellâtre aux yeux bleus dans tout plein de films des plus variés, tel que 58 MINUTES POUR VIVRE : PIEGE DE CRISTAL 2, L’IMPLACABLE NINJA et LA PROIE DE L’AUTOSTOP (avec David Hess), avant qu’il ne prête sa voix à l’oncle Topolino du film LES BAGNOLES 2 de chez Pixar (!). Une mention spéciale à Hilton, l’acteur fétiche de Sergio Martino (qui a aussi joué Django dans JE VAIS, JE TIRE ET JE REVIENS d’Enzo G. Castellari) : il est ni plus ni moins que magnifique en combattant alcoolique… plus d’une décennie avant Jackie Chan et son DRUNKEN MASTER! Finalement, la tronche du méchant vous dira sûrement quelque chose, car on a pu voir Nino Castelnuovo dans LE PATIENT ANGLAIS, LES PARAPLUIES DE CHERBOURG et STRIP NUDE FOR YOUR KILLER (d’Andrea Bianchi!). Bon MASSACRE!

— Kristof G.

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