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On l'appelle Trinita (" Lo chiamavano Trinità")

  • Italie
  • 1970
  • 106 mins
  • Français

Sorti en 1970, ON L’APPELLE TRINITA est l’un des tout premiers westerns comiques produits en Italie. Qui plus est, il restera le film ayant eu le plus de succès dans son pays, et ce, pendant plus de 15 ans. Son secret? Ne pas se prendre au sérieux en parodiant le sous-genre, le western spaghetti étant devenu très commun, grâce notamment aux films du grand Sergio Leone. Le film débute par l’arrivée en ville de Trinita, trainé par son cheval pendant qu’il fait une sieste dans une espèce de charriot de bois. Crasseux comme deux et relax en s’il vous plaît. Or, sa réputation le précède : on dit de Trinita que c’est la main droite du diable. Redouté, donc. Le personnage principal est joué par ce petit fendant de Terrence Hill, une belle canaille qui s’avère être beaucoup plus bavard et marrant que la moyenne des cowboys. Colt 45 en main, il retrouve Bambino, son lourdaud de frangin, qui est en fait un voleur de chevaux se faisant passer pour le shérif du patelin. Rapidement, ils devront aller aider une petite communauté de païens à foutre une raclée au méchant brigand qui aimerait bien leur voler leur terrain. Effectivement, c’est quasiment comme dans ASTÉRIX CHEZ LES BRETONS, mais avec un village de mormons et deux frangins aimant la baston. Et on rit (presque) tout le long.

En plus de la présence de Terrence Hill (dans le rôle titre) et de son fidèle comparse Bud Spencer (qui joue son frère avec sa grâce habituelle), on a droit à un méchant de choix : dans le rôle du Major Harriman, on retrouve Farley Granger, un régulier d’Hitchcock (LA CORDE, L’INCONNU DU NORD-EXPRESS), qu’on a ensuite pu voir dans THE PROWLER de Joseph Zito. La plus jolie mormone du coin est interprétée par Gisela Hahn, une délicieuse blonde qui jouera aussi dans l’inoubliable CONTAMINATION de Luigi Cozzi, aux côtés de nulle autre que notre Louise Marleau nationale. Si Tobias, le grand sage du village, est joué par un hirsute Dan Sturkie (qui donna la réplique à Al Pacino et Paul Sorvino dans le CRUISING de William Friedkin), la trame sonore aussi sifflée que cuivrée (aux accents Morriconiens) fut composée par Franco Micalizzi, dont Tarantino est pas mal fan ― on retrouvera sa musique dans DEATH PROOF et DJANGO UNCHAINED.

Dans la langue de Belmondo, si Spencer sonne comme le capitaine Haddock ou encore James Bond période Roger Moore, Hill est quant à lui doublé par le même type qui prêtait sa voix à Bruce Willis et Tom Cruise. En plus de quelques fusillades en règle et autres chevalines balades, on a surtout droit à d’innombrables bagarres et autres castagnes du tonnerre mettant en vedette gifles multiples, assommants coups de poing, prises de luttes de tout acabit, destruction de mobilier ou de décor… Bref, l’amateur de films de cowboys ritals voulant rigoler prendra vraisemblablement son pied. En plus, sa suite ― ON CONTINUE À L’APPELER TRINITA ― est aussi présentée au festival cette année. Vous allez drôlement bien vous marrer.

— Kristof G.

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