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The Battery

Première Québécoise
En présence du réalisateur / producteur / acteur Jeremy Gardner et de l'acteur / producteur Adam Cronheim

“A triumphant feat of dramatic horror” – Brad McHargue, DREAD CENTRAL

Vous qui pensiez avoir déjà tout vu au sujet des zombies – détrompez-vous! Voici le film qui redéfinit un sous-genre certainement usé jusqu’à la corde, lui faisant subir une cure de jouvence à la fois hyper subversive et sacrément allumée. Tourné avec un microscopique budget de six mille dollars à peine, THE BATTERY vous offre des morts-vivants comme vous ne les avez jamais vus auparavant et se permet au passage une brillante relecture de ce que serait un « vrai » monde post-apocalyptique.

Depuis on ne sait combien de temps, Mickey et Ben sont sur la route. Ils se nourrissent de conserves et passent leur vie à s’exercer au baseball ou à affronter des zombies errants çà et là (le « mot en Z », comme les appellent nos deux larrons)… Avant l’apocalypse, sans être les meilleurs amis du monde, Mickey et Ben se connaissaient, étant coéquipiers, mais ils n’étaient que très rarement sur la même longueur d’onde. Rien n’a vraiment changé après l’apocalypse, sauf qu’ils sont maintenant interdépendants, malgré leurs différences et leurs tempéraments mal assortis. Le pragmatique à l’air décontracté, c’est Ben, armé du fusil et de la batte de baseball : neutraliser les zombies, c’est son boulot. Par contre, Mickey, c’est le mélancolique : son ancienne vie lui manque terriblement, les gens autant que la société en général – donc il s’enferme un peu dans le déni, évitant tout contact avec « le mot en Z ». Immobilité méditative petit à petit transformée en malaise tandis que les deux comparses sillonnent la Nouvelle-Angleterre sans but précis. Le directeur photo Christian Stella a su capturer des extérieurs luxuriants et désolés, donnant réellement l’impression d’un monde à l’abandon. Les escarmouches de plus en plus horribles avec des zombies toujours plus envahissants créent un contraste frappant avec les nombreuses banalités du brossage de dents, du ticket de loterie gagnant mais inutile – sans oublier l’une des plus bizarroïdes scènes de branlette jamais filmée.

On retrouve ici une espèce de quintessence de l’Amérique : le même décor campagnard et noyé de soleil que proposait Kelly Reichardt dans OLD JOY. Avec son approche contemplative du « buddy genre », THE BATTERY s’avère une rigoureuse étude de la nature humaine. Mickey et Ben ne sont pas les héros téméraires auxquels on s’attend toujours dans un tel film, mais plutôt des gars bien ordinaires qui tentent de survivre coûte que coûte, comme n’importe qui. Car au fond, nous sommes tous pareils : nous voulons simplement passer nos journées à écouter de la bonne musique décapante!

Fantasia 2013 - The Battery from Fantasia Film Festival on Vimeo.

— Lindsay Peters

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