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La Belladone de la tristesse ("Kanashimi No Belladonna", "The Tragedy of Belladonna")

  • Japon
  • 1973
  • 88 mins
  • 35mm
  • Français

Ce film d’animation réalisé par Eiichi Yamamoto et produit par Mushi Production est l’adaptation de "La Sorcière" de Jules Michelet, un roman historique publié en 1862. Comme LA SORCELLERIE À TRAVERS LES ÂGES (HÄXAN), l’histoire s’inspire des légendes de sorcellerie datant du Moyen Âge. Dans une France médiévale écrasée par la famine, la peste et la violence répressive, une paysanne, Jeanne, est follement amoureuse de Jean, un modeste fermier. Comme le souhaite la tradition, le couple se rend chez le seigneur du comté pour obtenir sa bénédiction. N’ayant pas les moyens de payer la dote demandée, Jean est humilié et jeté hors du château alors que Jeanne est violée par le seigneur lors de ce qui devait être sa nuit de noce. Jean démontre alors un dédain grandissant envers Jeanne. Au hasard de ses prières désespérées, elle invoque le diable, qui vient la séduire. Il lui propose d’en faire une sorcière, mais elle devra lui offrir son corps et son âme. Avec l’aide du diable, qui la tourmente et l’abuse chaque nuit, Jeanne devient rapidement riche et puissante, nourrissant ainsi des rumeurs de sorcellerie, attisant la jalousie et la haine du seigneur et faisant sombrer Jean dans un alcoolisme profond et violent. À la suite d’une épidémie de peste, les citoyens se bousculent vers Jeanne, qui utilise notamment le nectar des Belladones pour les guérir ou pour éveiller les passions amoureuses. Accusée d’hérésie, Jeanne devra finalement affronter le tribunal des inquisiteurs. Qui joue avec le diable se brûle…

Disons le d’emblée, ce film est un véritable ovni cinématographique. Un conte poético-érotique dont l’esthétisme est à mi-chemin entre les tableaux de Gustav Klimt, les portraits d’Egon Schiele, l’œuvre d’Aubrey Beardsley, les affiches d’Alphonse Mucha, les illustrations de Philippe Druillet et le graphisme des années psychédéliques. L’animation repose sur une succession d’illustrations fixes et de plans animés qui se fondent les uns aux autres. La mise en scène joue beaucoup avec la sensualité des lignes, le caractère viscéral des souffrances de Jeanne et une utilisation de musique tantôt classique, parfois pop et souvent hallucinogène. Produite dans les années 70, une version française a été réalisée à Montréal par les studios MARKO. Ce doublage ajoute un élément supplémentaire de curiosité à l’expérience. En effet, tout a été doublé dans un français international (y compris les chansons) où l’accent québécois est pourtant bien perceptible. Puisque ce film n’est pas disponible en Amérique du Nord, la projection de cette rare copie 35 mm doublée en français s’impose comme un rendez-vous incontournable du festival.

— DJ XL5

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