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Magic Magic

Sélection officielle, Festival de Sundance 2013
Sélection officielle, Quinzaines des réalisateurs, Cannes 2013

« Un élégant thriller cérébral sous l’influence de Roman Polanski » - Olivier De Bruyn, EVENE.FR

“Meticulously acted, gorgeously shot and hilariously insightful” – Peter DeBruge, VARIETY

Les problèmes commencent dès l’instant où Alicia pose sa valise sur le sol chilien. Ayant quittée son Amérique natale pour rejoindre sa cousine, cette jeune femme réservée aboutit dans un pays hostile où elle ne comprend ni la langue, ni les traditions. Étrangère dans une contrée étrange, elle regrette déjà ce voyage qui ne fait qu’empirer. En plus de subir difficilement les répercussions d’un choc culturel violent, Alicia est abandonnée par sa cousine entre les mains de ses amis, un trio au comportement excentrique. L’un d’entre eux, un hurluberlu d’origine américaine, s’avère incapable de résister à une nouvelle présence féminine et tente par tous les moyens de l’attirer vers lui. Alicia croit être au bout de ses peines jusqu’à ce qu’elle aboutisse sur une île coupée du reste du monde. Prisonnière d’une situation étouffante, elle tente de gagner la sympathie de ses hôtes, mais un événement perturbant ne fait que générer encore plus d’animosité au sein du groupe. De curieux phénomènes font alors irruption. Les animaux réagissent bizarrement devant Alicia et des apparitions troublent son sommeil. Il devient alors évident qu’elle plonge tête première dans la folie. À moins qu’elle ne soit la proie d’esprits malicieux. Il semble effectivement y avoir de la magie dans l’air, ce qui n’est pas forcément une bonne chose.

Bien qu’il mette en vedette à Emily Browning, Juno Temple et Michael Cera, MAGIC MAGIC n’est pas le film auquel vous vous attendez. Il ne s’agit pas d’une comédie de situation légère, mais plutôt d’un drame atypique qui maintient avec efficacité une dérangeante tension psychologique. Le réalisateur Sebastian Silva brouille les pistes en créant une illusion de déjà vu qu’il s’empresse de déconstruire. MAGIC MAGIC dévie de sa route chaque fois qu’il semble prendre une voie familière, nous gardant ainsi constamment en haleine et avides de découvrir la suite des événements. Silva crée également une ambiguïté qui, à tous les niveaux, fascine autant qu’elle perturbe. Son exploration de la maladie mentale est constamment sur le point de basculer vers un réalisme magique propre à Gabriel Garcia Marquez. Les rapports entre ses personnages plus grands que nature s’avèrent flous et insondables. Dans le rôle de Brink, Michael Cera surprend en donnant une performance tellement malaisante et anti-charismatique qu’il en vient à assassiner l’image de bon gars à laquelle il nous a habitués. Profondément original, MAGIC MAGIC promet de vous entraîner à travers une gamme d’émotions insolites et de vous laisser complètement béats devant l’écran.

— Simon Laperrière

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